Citoyennes d’Albanuova,
Élues du Conszeì Grant,
En ce jour d’ouverture de la 22ᵉ législature, je vous parle avec gravité, mais aussi avec une confiance lucide. Notre République a traversé, en novembre, l’épreuve du raz-de-marée. Il a rappelé avec une brutalité sans détour ce que nous savons parfois sans vouloir l’admettre : un pays n’est jamais aussi souverain que la solidité de ses infrastructures, la clarté de ses décisions, et l’unité de ses citoyennes dans l’action.
Ce raz-de-marée n’a pas seulement déplacé des pierres et abîmé des quais. Il a déplacé des certitudes. Il a mis à nu les fragilités que le quotidien rend invisibles : des réseaux vieillissants, des accès vulnérables, des installations conçues pour un temps plus clément que celui qui s’annonce. Il a aussi révélé l’essentiel : la discipline de nos services, la dignité de nos communautés, la force calme de notre modèle lorsqu’il se met au service de toutes.
Je veux le dire clairement : nous ne répondrons pas à novembre par des mots, mais par la rénovation. Rénover, ce n’est pas réparer à la hâte. Rénover, c’est reconstruire mieux, plus sûr, plus durable. C’est accepter que la prévention coûte moins cher que la catastrophe. C’est décider que chaque chantier engagé est une promesse tenue, et chaque promesse tenue une part de la confiance publique restaurée.
Cette 22ᵉ législature s’ouvre donc avec une feuille de route à la fois concrète et symbolique. Quatre projets, quatre horizons, quatre manières de faire vivre la République.
Premier projet : le lancement du premier budget matriarcal.
Pour la première fois, nous mettrons pleinement en œuvre les crédits budgétaires. Ils ne sont pas un simple chiffre : ils sont notre capacité d’action publique, notre méthode, notre discipline. Le premier budget est fixé à 6 crédits. Ce n’est pas une timiditié : c’est un acte fondateur. Nous choisissons de commencer avec un cadre lisible, contrôlable, et immédiatement opératoire. Un budget n’est pas une déclaration d’intention ; c’est une architecture de priorités, une obligation de cohérence, et une exigence de suivi.
Deuxième projet : la rénovation du réseau ferroviaire, sur l’année à venir.
Nous lancerons l’appel d’offres qui ouvrira la voie à un chantier structurant. Le rail n’est pas un vestige : c’est une colonne vertébrale. Quand la mer rappelle sa puissance, quand les routes subissent, quand l’urgence commande, un réseau ferroviaire fiable devient un instrument de continuité nationale. La rénovation que nous engageons doit être pensée comme un investissement de sécurité, de mobilité, et de résilience. Elle s’étalera sur l’année à venir, avec un impératif : avancer avec méthode, sans précipitation, mais sans relâche. Je demande au Conszeì Grant une vigilance de chaque instant : sur les exigences techniques, sur la transparence de la procédure, sur la tenue des délais, sur la qualité livrée.
Troisième projet : le Festival de la Chanson Albanovaise d’Osztiè, en mars, pour sa 5ᵉ édition.
Ce festival n’est pas un divertissement secondaire. Il est une respiration nationale, un espace où notre langue, nos récits, nos sensibilités s’entendent au grand jour. Après les secousses de novembre, nous aurons besoin d’un moment où la République se retrouve autrement que dans l’urgence : non pour oublier, mais pour se relever ensemble. La culture n’efface pas les fissures ; elle aide à les réparer, parce qu’elle rend à chacune une place dans l’histoire commune.
Quatrième projet : les commémorations des 20 ans d’existence en ligne de la République, en novembre 2026.
Vingt ans, ce n’est pas seulement un anniversaire. C’est une preuve de continuité. Une République qui dure est une République qui s’organise, qui se raconte, qui se corrige, qui se transmet. Nous préparerons ces commémorations avec sérieux : pour honorer celles qui ont fondé, celles qui ont maintenu, et celles qui feront encore. Nous y parlerons d’institutions, de culture, de projets, mais surtout d’une idée : l’existence en ligne n’est pas une existence moindre. Elle est une forme moderne de cité, exigeante, patiente, et profondément politique.
Élues de la 22ᵉ législature, je vous demande une chose simple, et difficile : faire. Faire sans bruit excessif. Faire sans se réfugier derrière le symbole. Faire avec une loyauté stricte envers l’intérêt commun. Les débats auront lieu, les oppositions s’exprimeront, et c’est légitime. Mais qu’aucune de nous n’oublie ceci : notre peuple ne juge pas l’éloquence, il juge la capacité à livrer.
Citoyennes, je vous demande la même exigence : participez, critiquez, contrôlez, proposez. Le budget matriarcal, le chantier ferroviaire, le festival, les commémorations : tout cela n’a de sens que si la République reste une œuvre partagée.
Je déclare ouverte la 22ᵉ législature du Conszeì Grant.
Que cette session soit celle du relèvement après novembre, celle de la rénovation méthodique, et celle d’une action publique qui se mesure, se suit, et se tient.
Gracsìs.
