Le sommet économique de Mézépolis devait rapprocher des États aux modèles économiques très différents. La rencontre s’est finalement achevée plus tôt que prévu. Entre déception diplomatique, discussions bilatérales et négociation d’une liaison aérienne entre Pjedìmont et Mézépolis, Orìzons revient sur ce qui restera de cette rencontre.
Lorsque la délégation albanovaise est arrivée à Mézépolis, les ambitions étaient importantes. À l’invitation du Premier Syntharque Scytale O’Platt, plusieurs délégations étrangères avaient rejoint la capitale de la République Codifiée de Mézénas pour discuter de l’avenir des échanges économiques micromondiaux. Au cœur des débats devait se trouver une difficulté ancienne : comment faire commercer entre eux des États qui n’utilisent ni les mêmes systèmes économiques, ni parfois la même conception de l’économie ?
La Matriarche Armàlina Csilàn avait fait le déplacement accompagnée de Luiszà Bertòli, cheffe de l’Office des Finances et de l’Économie, et de Liszàbeta Pavòran, responsable des Affaires étrangères. Pour Albanuova, l’enjeu était clair : permettre à des économies différentes de coopérer sans imposer à chacune d’adopter les règles des autres. « Nous sommes ici pour voir comment des économies qui ne fonctionnent pas nécessairement selon les mêmes règles peuvent malgré tout échanger, investir et construire ensemble », avait déclaré la Matriarche à son arrivée.
Des attentes importantes, mais peu de discussions
Le sommet devait notamment permettre aux délégations de confronter leurs modèles et d’examiner les propositions préparées par les autorités mézènes. Ces discussions n’auront finalement pas eu lieu comme prévu. Constatant le manque d’implication d’une partie des délégations présentes, Scytale O’Platt a annoncé la clôture anticipée de la rencontre. Le projet préparé avec le Portier de l’Économie et des Finances Dorian Kilmor n’a pas été présenté.
Le Premier Syntharque n’a pas caché sa déception, estimant que les propositions préparées par Mézénas auraient pu bénéficier bien au-delà des seuls États représentés à Mézépolis. La rencontre s’achève donc sans l’accord économique multilatéral qui pouvait être attendu. Albanuova n’entend cependant pas considérer le dossier comme définitivement clos. Avant son départ, Armàlina Csilàn a indiqué à Scytale O’Platt que la République restait disposée à reprendre les discussions dans un cadre bilatéral. Le Premier Syntharque a lui-même proposé de conserver son projet pour une future rencontre avec la Matriarche.
Une visite de Scytale O’Platt à Pjedìmont pourrait ainsi être organisée lorsque les circonstances le permettront.
Au Velvet Lounge, une négociation plus concrète
Pendant que le sommet rencontrait ces difficultés, une autre discussion s’engageait à Mézépolis. Luiszà Bertòli devait rencontrer au Velvet Lounge le directeur de MézénAir, Tavrik Olsen, afin d’examiner l’ouverture d’une liaison aérienne régulière entre Pjedìmont et Mézépolis. Les premières discussions ont permis d’envisager deux allers-retours quotidiens, l’un opéré par MézénAir et l’autre par la compagnie albanovaise Szcala. Albanuova a également proposé que les deux transporteurs travaillent à un accord de partage de code. Une telle formule permettrait à MézénAir et Szcala de commercialiser les deux rotations, quelle que soit la compagnie assurant effectivement le vol. La négociation doit encore préciser les horaires, les conditions commerciales et la répartition des recettes. Luiszà Bertòli restera à Mézénas afin de poursuivre ces échanges.
Si un accord devait être trouvé, la liaison Pjedìmont–Mézépolis constituerait paradoxalement l’un des premiers résultats concrets issus des rencontres organisées autour du sommet.
La crise de Pjedìmont bouleverse la fin de la rencontre
La soirée a par ailleurs été marquée par une actualité beaucoup plus grave pour Albanuova. Au cours du dîner, la Matriarche a reçu une alerte rouge de la Protèzion Csivîl concernant une submersion marine à Pjedìmont. Armàlina Csilàn a immédiatement demandé des informations sur les secteurs exposés, les évacuations, les capacités d’accueil disponibles et les moyens effectivement engagés.
La clôture anticipée du sommet permet désormais à la Matriarche de regagner Albanuova et de suivre directement la gestion de la crise. Luiszà Bertòli reste pour sa part à Mézénas afin de poursuivre les discussions économiques déjà engagées.
Mézépolis, un échec sans lendemain ?
Le sommet n’aura donc pas produit le résultat auquel ses organisateurs pouvaient prétendre. Les discussions multilatérales se sont interrompues avant la présentation du projet mézène et les différences entre systèmes économiques restent entières. Mais l’expérience de Mézépolis pose peut-être une autre question. La coopération économique micromondiale doit-elle nécessairement commencer par la création d’un grand dispositif commun ?
Les échanges engagés entre Szcala et MézénAir suggèrent une autre méthode : commencer par des projets limités, concrets et immédiatement jouables. Une ligne aérienne. Un contrat. Une coopération entre deux entreprises. Puis éventuellement une autre. À Mézépolis, les États n’auront pas réussi à construire ensemble la nouvelle architecture économique que certains espéraient. Mais entre Pjedìmont et Mézépolis, deux compagnies tentent déjà de faire circuler des avions.
Et c’est peut-être là que commence réellement l’économie micromondiale.
Lionòra Cosziòl, à Mézépolis pour ARTA — Orìzons.

