Lucsià Milòcsan était issue d’une famille installée à Pjednè depuis des générations. Fraîchement diplômée en sciences politique, la jeune femme était religieuse, non sans être très progressiste. Sportive et intellectuelle, elle était pleine de contrastes. Aujourd’hui, elle luttait encore contre l’un de ses défauts dominants : l’étourderie. Aussi venait-elle aux services de la douane pour refaire ses papiers d’identité malencontreusement égarés.
Ensuite se poserait la question de son avenir professionnelle. La politique ? L’armée ? Ou bien le deux ?
« Mandì Sziòra (bonjour madame) et bienvenue à Abalecon ! » fit la douanière en esquissant un large sourire.
« Je vous invite à remplir un formulaire – je vous promets qu’il n’y en aura qu’un seul. Pour cette démarche en tout cas ! – afin de nous préciser les raisons de votre séjour dans notre pays. »
Elle tendit à Lucsià Milòcsan un premier document administratif à remplir :
Formulaire de demande d’autorisation de séjour
Nom :
Prénom :
Date de naissance :
Lieu de naissance :
Nationalité :
Motif de votre séjour : (au choix Tourisme – Études – Demande d’asile – Installation durable)
– Mais très certainement Sziòra.
Formulaire de demande d’autorisation de séjour
Nom : Milòcsan
Prénom : Lucsià
Date de naissance : 15.02.1995
Lieu de naissance : Pjednè
Nationalité : Abaleconnienne
Motif de votre séjour : (au choix Tourisme – Études – Demande d’asile – Installation durable)
Au nom du Conseil matriarcal de la République d’Abalecon, je vous souhaite la bienvenue à Abalecon Sziòra Milòcsan, le Conseil se tient à votre disposition pour répondre à toutes les questions que vous pourriez vous poser et faciliter votre intégration.
Vous pourrez trouver de nombreuses ressources à la Bibliothèque matriarcale, qui, si elle n’est encore que lacunaire, vous permettra de mieux connaitre notre pays et ses spécificités. Peut-être d’ailleurs pourrez-vous l’enrichir avec de nouveaux articles !
Je laisse aux agents des douanes le soin de valider votre autorisation de séjour.
La jeune femme remercia vivement la Matriarche, non sans réfléchir à la meilleure manière de rentrer dans la vie active et publique du pays.
