République d’Albanuova
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Débat : Élections de la 3ème Législature
A l’occasion des élections de la 3ème Législature du Grand Conseil, Szentkemècs TV 1 se mobilise dans les communes abaleconiennes pour suivre les réunions de campagnes organisées par les partis politiques mais également pour organiser le débat de la campagne.
Ce débat se déroulera durant toute la campagne – soit du 17 au 23 mars. Sont invitées à débattre les représentantes des 3 partis en lice pour ces élections : le Bloc National Siméen, le Parti Sans Conservateurs et l’Alliance citoyenne.
Ce débat est accessible gratuitement sur SzTv 1.
« Mandì et bienvenue sur Szentkemècs TV 1 pour ce débat des élections de la 3ème législature du Grand Conseil. Nous avons le plaisir en plateau de recevoir les représentantes des partis politiques en lice pour ces élections. Pour la première fois depuis longtemps dans l’histoire abaleconiennne, les citoyennes se verront proposer un triple choix entre les deux partis historiques du pays : le PSC et BNS qui se partagent les rênes d’Abalecon depuis plus de dix ans et un nouveau venu dans l’arène politique, l’Alliance citoyenne – en abaleconien Aleàncse – emmené par la Matriarche Armàlina Csilàn.
Sziòra Csilàn, je vous propose de commencer ce débat par une question que toutes les abaleconiennes se posent sans doute : pourquoi un nouveau parti politique ? »
Merci Sziòra, je vous remercie de m’avoir invitée sur votre plateau. Notre pays ne connait, depuis 2006, qu’une possibilité d’alternance politique. Soit le Parti sans conservateurs, créé en 2007 par Natacha Straveis, soit le Bloc National Siméen, créé en 2009 par la même Natàcha Straveis. Ces 2 partis étant aux antipodes l’un de l’autre au niveau des convictions politiques. Le premier propose l’égalité absolue femme-homme. Le second propose une société abaleconienne refermée sur elle même et qui ne trouve son salut que dans le culte de Simà.
L’idée de lancer Alliance Citoyenne, c’était de proposer aux citoyennes de notre pays une alternative. Une autre proposition politique moins tranchée et plus équilibrée. Notre parti, si on peut l’appeler ainsi, se propose de garantir les mêmes droits à toutes les citoyennes abaleconiennes, car le modèle politique abaleconien repose sur la place de la femme. Nous souhaitons préserver ce modèle en le rendant totalement démocratique. Nous proposons ainsi d’introduire le référendum et de simplifier le recours à l’initiative populaire. Nous proposons de rendre notre système économique plus dynamique et égalitaire.
Pour autant, défendre un modèle ne signifie pas s’enfermer et renier les autres. Vous savez j’ai beaucoup appris de mon déplacement de Confédération de Scanthénoisie-Helvetia. J’ai compris que les liens tissés avec d’autres pays étaient importants et que notre République devait s’ouvrir pour se rapprocher des nations dont elle partage les valeurs. C’est la raison pour laquelle je crois fermement en l’adhésion d’Abalecon à la ZELEN qui j’espère se concrétisera bientôt.
Le chemin que prétend modestement tracer Aleàncse Csivìche, c’est un équilibre entre ouverture et égalité des droits entre les citoyennes.
Je vous remercie de votre réponse Sziòra Csilàn. La parole est à la représentante du Parti Sans Conservateurs, Sziòra Lödùkeis.
Sziòra Lödùkeis, que pensez-vous de l’arrivée en politique d’un nouveau parti ?
J’apprécie tout particulièrement ma collègue Armàlina Csilàn qui fait un travail de grande qualité en tant que Matriarche, même si elle s’est surtout illustrée, durant cette législature, sur des missions diplomatiques qui ne relevaient pas de sa compétence mais de celle de mon Office.
C’est finalement la signature d’Armàlina Csilàn, ratisser au delà de ces compétences. Et il est finalement logique qu’Alliance citoyenne ne soit qu’une pâle copie du parti sans conservateurs avec un programme sensiblement identique.
Bien entendu, je suis heureuse de voir le pluralisme s’installer à Abalecon. L’instauration du scrutin proportionnel, que nous avons porté au PSC, porte ses fruits et je ne peux que m’en réjouir. Néanmoins, le pluralisme ne doit pas se faire au détriment des valeurs que Sziòra Csilàn et moi portons. En divisant nos voix, nous donnons au BNS une chance de revenir au pouvoir. Ce serait un échec de la politique que nous avons menée au cours de cette législature.
Le PSC continuera à s’engager en faveur de l’égalité femme-homme. Nous considérons que tous les abaleconiens doivent bénéficier des mêmes droits car c’est l’essence de notre pays. Nous souhaitons mettre en place un revenu minimal pour chacun, afin que tous les abaleconiens puissent vivre dignement.
Nous poursuivrons notre engagement international. Nous continuerons l’ouverture de notre pays et le retour de sa place dans le Micromonde.
Le PSC n’est pas un parti du passé. C’est au contraire la seule voie possible pour que notre pays puisse continuer à exister sereinement, fier de ses valeurs, en accordant une place à chacun.
La rupture semble consommée entre le PSC et l’AC ! Je me tourne désormais vers Natàliya Cosnìteis.
Que vous inspire la création d’Aleàncse Csivìche ? Quelles sont les ambitions du BNS pour ces élections ?
Merci pour votre invitation.
Je ne partage pas l’anti-pluralisme de Luhsèt Lödùkeis, accrochée au pouvoir telle une moule à son rocher. Il faut dire que le PSC a eu beaucoup de difficultés à gagner une élection et qu’une fois la chose faite, il compte bien ne pas perdre ce qu’il considère comme un acquis.
A la suite de ce qui était, il faut bien le dire, une défaite, notre parti a tiré les enseignements d’une erreur fondamentale qui était de croire que le temps politique est immuable.
Notre pays a changé, les citoyennes d’Abalecon sont déboussolées. D’autres idées émergent sur cette situation, tirant parti de l’usure du pouvoir. Nous avons il y a quelques mois tourné la page de plus de dix années de gouvernement de la Très Honorable Matriarche Straveis. Il faut redonner à notre pays des repères.
Le BNS entend poursuivre ce travail de clarification. Nous rappelons fermement ce à quoi nous sommes attachées :
– La citoyenneté et les droits aux seules abaleconiennes. Nous ne transigerons pas sur cette règle. Notre pays accorde une place prépondérante aux femmes. Parce qu’elles sont source de vie. Parce que Simà les a placées sous sa protection. Ce n’est pas une pensée rétrograde ou datée. Pensez aux autres pays dont certaines se font le chantre ici et où les femmes n’ont guère de place au milieu de tous ces hommes. Non, plus que jamais, la place de la femme à Abalecon doit être sacralisée. Les hommes seront considérés comme mineurs.
– La primauté du culte de Simà. La Constitution le rappelle, le Culte de Simà est la religion officielle d’Abalecon. Nous voulons remettre ce culte au centre de la vie publique d’Abalecon. Nous voulons redonner sa place à la culture abaleconienne. Nous ouvrirons un musée national qui présentera notre histoire passée et récente, dont nous n’avons pas à rougir. Nous imposerons la langue abaleconienne au même niveau que la langue commune, tout particulièrement dans l’administration, où nous imposerons le bilinguisme de tous les documents administratifs.
– L’ouverture vers l’international est un échec de la législature qui s’achève. Nous avions commencé, lorsque nous étions au pouvoir, des relations bilatérales avec des pays comme la CSH. C’est dans le bilatéralisme que notre pays trouve sa place dans le concert des nations. Le PSC et Siòra Csilàn se sont emballés : nous avons conclu une foultitude de traités avec des pays très éloignés de nos valeurs. Une fois au pouvoir, le BNS reviendra sur cette diplomatie tous azimuts. Il n’est pas question d’abroger les traités signés, mais de renforcer les coopérations vers certains pays qui nous semblent proches des valeurs que nous défendons. Nous reviendrons cependant sur l’adhésion à la ZELEN qui nous semble trop précipitée.
– En termes de droits politiques, je trouve la Constitution actuelle très équilibrée. Le droit d’initiative populaire est une concession importante qui a été faite à l’époque et il n’est pas question pour nous de l’étendre, pas plus que le droit de vote aux hommes. Nous restons fondamentalement attachés au droit de sol et aucune naturalisation par décision du Conseil ne sera prononcée durant notre législature. Nous appliquerons scrupuleusement la loi sur la nationalité abaleconienne, tout particulièrement s’agissant de l’inactivité.
– Enfin, le BNS reste fermement attaché à la centralisation. Je le répète depuis longtemps mais les communes ne sont aujourd’hui qui des bureaux de vote. Pour le reste, ce sont des coquilles vides. Nous proposons de mettre fin à cette comédie. Le niveau matriarcal est le seul pertinent pour gouverner un pays aussi petit que le notre. Il y a 50 km d’un bout à l’autre de notre île et le PSC s’évertue à mettre en place un millefeuille administratif. C’est risible.
Le micromonde traverse une épidémie de flemmingite importante. Quelles sont les propositions de vos partis respectifs pour tenter de renverser la donne ?
Sziòra Csilàn ?
Aleàncse Csivìche est convaincue de l’importance des relations internationales pour notre pays. Nous pensons que c’est en relançant l’activité que nous parviendrons à endiguer cette épidémie. C’est la raison pour laquelle nous soutenons un engagement fort de notre pays dans les agences de la Ligue des États modernes pour les Transports et l’Humanitaire.
Sur ce point, je précise que – non en tant que candidate mais en tant que membre du Conseil matriarcal – que notre pays a mis à disposition de l’AHLEM des moyens conséquents pour permettre au Royaume insulaire d’Eiraen de sortir de la grave crise humanitaire qu’il traverse actuellement.
C’est ainsi que j’envisage les relations internationales : coopérer et soutenir les pays qui en ont besoin.
C’est aussi le sens de notre adhésion à la ZELEN que nous soutenons avec force. AC est un parti d’ouverture vers les pays qui partagent nos valeurs. C’est la seule condition que nous mettons à l’établissement de relations diplomatiques.
Demain, nos enfants pourront bénéficier des meilleures universités du micromonde, chacun pourra se déplacer sans contraintes administratives, le commerce sera encouragé. Notre pays a tout à gagner. C’est fort de ces ambitions que nous parviendrons, avec les autres pays, à mettre fin à l’épidémie de flemmingite.
Notre pays a été épargné par la flemmingite. Nous n’avons pas à rougir : c’est le résultat d’une activité volontariste de la part de nos concitoyennes. Ouvrir les vannes avec l’extérieur, c’est prendre le risque de faire entrer la flemmingite à Abalecon en détournant les abaleconiennes de l’activité nationale. Le BNS ne le tolèrera pas.
Le BNS poursuivra une politique de relations bilatérales. Toute autre forme de diplomatie est vouée à l’échec.
Sziòra Csilàn pourfend les échanges avec le reste du monde. C’est un choix dangereux. Notre université est très bien : pourtant elle ne fonctionne pas. Consacrons y les moyens nécessaires. Nos étudiantes n’auront pas envie d’aller ailleurs.
Notre économie est prête à l’ouverture ? Pourtant elle ne fonctionne pas non plus. Aucune loi ne l’encadre. Et nous voulons nous lancer dans l’aventure ZELEN.
Non tout cela est scandaleux. AC tout comme le PSC : même combat. Mettre la charrue avant les bœufs et ne pas se préoccuper des conséquences.
Le BNS donnera un cadre à l’économie nationale. Il rebâtira Abalecon. Il mettra les moyens dont notre pays dispose au service de ses habitantes et non de je ne sais quelle nation inconnue.
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