Bjenâl di Pjedìmont

La Bjenâl di Pjedìmont est une manifestation d’art contemporain organisée à Pjedìmont, capitale de la République d’Albanuova. Créée en 2026, elle a pour vocation de réunir des artistes albanovaises et étrangers autour d’une thématique commune, tout en inscrivant la création contemporaine dans les paysages, les lieux et les récits propres à Albanuova.
Création et vocation
La Bjenâl di Pjedìmont est créée dans le cadre de la politique de développement culturel menée par Albanuova en 2026. Son ambition est de faire de Pjedìmont un lieu de création et d’échanges artistiques à l’échelle du Micromonde, en proposant un rendez-vous susceptible d’accueillir aussi bien des artistes du pays que des contributions étrangères.
Cette orientation internationale apparaît dès la première édition. La manifestation est conçue comme un espace de circulation des œuvres et des imaginaires, dans lequel les artistes sont invitées et invités à confronter leurs propres histoires aux réalités d’un pays insulaire profondément marqué par la mer. La Bjenâl participe ainsi au rayonnement culturel d’Albanuova tout en constituant un instrument de coopération avec les autres États du Micromonde.
Le projet est notamment présenté dans les échanges culturels internationaux auxquels participe la République. Lors d’une réunion de l’ACLEM à Kaïtaïn en 2026, Albanuova présente ainsi la Bjenâl comme un rendez-vous ouvert aux artistes du Micromonde et consacré au dialogue entre création, territoires insulaires, mémoire et récits partagés.
La Peszcjàrie de Pjedìmont
La première Bjenâl prend place dans la Peszcjàrie, bâtiment historiquement associé au commerce du poisson et à la vie populaire de Pjedìmont.
Pendant longtemps, le lieu fut rythmé par l’arrivée des produits de la mer, les échanges entre pêcheuses, marchandes et habitantes de la capitale, ainsi que par les activités économiques liées au littoral. Sa transformation en espace d’exposition conserve volontairement cette mémoire. Les anciennes fonctions du bâtiment ne sont pas effacées : elles deviennent une composante de la scénographie et du sens donné à la manifestation.
Le choix de la Peszcjàrie illustre l’une des caractéristiques de la Bjenâl : l’art contemporain y dialogue avec des espaces qui possèdent déjà leur propre histoire. Le bâtiment devient ainsi simultanément un élément du patrimoine urbain, un lieu d’exposition et une œuvre implicite du parcours.
L’édition 2026 : « Ce que la mer nous rend »
La première édition de la Bjenâl di Pjedìmont est organisée autour du thème « Ce que la mer nous rend ».
La mer y est envisagée moins comme un paysage que comme une mémoire. Elle emporte, conserve, transforme puis restitue des objets, des traces et des histoires. Débris rejetés sur les plages, objets perdus, souvenirs de voyages, traces du commerce maritime, récits de catastrophes ou fragments de vies constituent autant de matériaux susceptibles d’être transformés par le regard artistique.
Cette approche permet à l’exposition d’aborder plusieurs dimensions caractéristiques d’Albanuova : l’insularité, les communautés littorales, le travail maritime, la circulation entre les territoires, mais également les conséquences écologiques de l’activité humaine. La mer devient une sorte d’archive mouvante dans laquelle se mêlent mémoire individuelle et histoire collective.
Le thème possède également une dimension plus large. En reliant les territoires plutôt qu’en les séparant, la mer permet d’intégrer les contributions étrangères au même récit. Chaque artiste peut y apporter ses propres objets, ses propres disparitions et sa propre relation à l’espace maritime.
Le parcours de l’exposition
L’édition 2026 est organisée en cinq mouvements, comparés à cinq marées successives.
La Criée des fantômes s’intéresse à la mémoire de la Peszcjàrie elle-même. Les voix des marchandes, les gestes du travail, les paniers, les balances et les traces laissées par l’ancienne activité du bâtiment deviennent une matière artistique.
Les déchets sacrés transforme les objets abandonnés — plastiques, cordages, bouteilles ou fragments métalliques — en objets d’exposition. Cette section interroge notamment la pollution maritime et la manière dont une société traite les traces matérielles qu’elle produit.
Les corps salés est consacrée aux femmes et aux hommes dont l’existence est liée à la mer : pêcheuses, marins, vendeuses, dockers ou familles vivant dans l’attente des départs et des retours.
Les frontières liquides envisage la mer comme espace de circulation. Les marchandises, les personnes, les langues, les images et les récits traversent les frontières maritimes et relient Albanuova au reste du Micromonde.
Enfin, La mer prophétique donne au parcours une dimension plus symbolique. La mer ne restitue plus seulement les traces du passé : ce qu’elle ramène à terre devient un moyen d’interroger le présent et les choix d’une société.
La Grande Table du Retour
Au centre du dispositif imaginé pour la première édition se trouve La Grande Table du Retour, œuvre emblématique de la Bjenâl.
Une ancienne table de criée recouverte de sel rassemble différents objets présentés comme ayant été rejetés par la mer : fragments de filets, bois flottés, morceaux de verre polis par l’eau, coquillages, cordages ou papiers devenus presque illisibles. Chaque élément est accompagné d’une courte notice qui emprunte à la fois au vocabulaire de l’archive et à celui de la poésie.
L’installation expose ainsi le principe général de la manifestation : un objet apparemment insignifiant acquiert une nouvelle valeur lorsqu’il est replacé dans un récit. Ce qui avait été perdu, rejeté ou oublié revient comme témoignage.
Les artistes et l’ouverture au Micromonde
La Bjenâl est conçue dès son origine comme une manifestation ouverte aux artistes d’Albanuova et du Micromonde. Les œuvres peuvent prendre la forme d’installations, de sculptures, de photographies, de vidéos, de performances ou de créations sonores.
La première édition concrétise cette ambition internationale avec l’exposition de premières œuvres albanovaises ainsi que de contributions venues de Mézénas. Cette participation étrangère donne à la manifestation une dimension qui dépasse le seul cadre national : la Peszcjàrie devient temporairement un lieu où différents imaginaires micromondiaux peuvent être confrontés autour d’une même proposition artistique.
Cette ouverture constitue un élément important de l’identité de la Bjenâl. L’événement n’a pas vocation à constituer uniquement une vitrine de l’art albanovais, mais à favoriser la circulation des œuvres et les collaborations avec les scènes culturelles étrangères.
Une manifestation inscrite dans la vie culturelle albanovaise
La création de la Bjenâl participe à une volonté plus générale de développer la place de Pjedìmont comme capitale culturelle d’Albanuova. Elle associe la ville de Pjedìmont, les institutions de la République, les acteurs culturels et médiatiques ainsi que les artistes participant à l’exposition. La page officielle mentionne notamment Albanuova Turìszim, ARTA Primè, Radiò Szorèli et la Zontè matriàrcjâl parmi les partenaires de la manifestation.
La Bjenâl se distingue également par son articulation avec le jeu public albanovais. L’exposition n’est pas limitée à une page présentant des œuvres achevées : annonces, arrivée de nouvelles contributions, rencontres, critiques et interventions des personnages peuvent prolonger la manifestation dans les espaces de discussion d’Albanuova.
Cette dimension évolutive permet à chaque édition de se constituer progressivement et de conserver une trace des échanges qui l’ont accompagnée.
Portée culturelle
La première Bjenâl di Pjedìmont établit plusieurs principes appelés à caractériser durablement la manifestation : l’utilisation d’un lieu fortement lié à l’histoire de la capitale, le choix d’un thème susceptible de donner lieu à des interprétations très différentes, l’ouverture aux artistes étrangers et le dialogue entre patrimoine albanovais et création contemporaine.
L’édition 2026 accorde une place particulière à la relation qu’Albanuova entretient avec la mer. Dans une république insulaire, celle-ci constitue à la fois une ressource, une voie de communication, une frontière et un élément fondamental du paysage collectif. En choisissant de considérer ce qu’elle restitue plutôt que ce qu’elle sépare, la Bjenâl en propose une représentation culturelle originale.
Elle constitue ainsi à la fois une exposition, un rendez-vous international et un nouvel élément du patrimoine culturel contemporain d’Albanuova.
Ressources en ligne
Site officiel de la Bjenâl di Pjedìmont — édition 2026 :
https://albanuova.fr/evenements/biennale-pjedimont-2026/
Projet de la Bjenâl sur Agòra :
https://albanuova.fr/projet/bjenal-de-pjedimont/