Après la page de publicité, la directrice d’ARTA, Clejà Morszàn, se présenta sur le plateau. Elle salua chaleureusement Zianà Casztèlan et le public.
– Buenè Szerè Osztiè !
En qualité de directrice d’Aziènde Radiò Telèvizion Abàlecon, je suis particulièrement heureuse de cette première édition du festival de la chanson abaleconienne. ARTA est attachée à la promotion de notre langue et de notre culture. C’est même une des missions confiées à notre société par la loi sur la radio et la télévision. Je suis ravie de voir que ce festival a également reçu des soutiens d’entreprises et de la commune de Pjednè.
Notre langue est vivante ! Notre culture est vivante ! Ce festival en est la preuve.
Alors, moi aussi, je souhaitais vous présenter un artiste, avec lequel j’ai également la chance de partager ma vie.
Ce soir, Marcs va vous interpréter Ma uszgnòt. Une chanson pour vous dire de croire en vous et en votre pays. Pour vous dire qu’Abàlecon continuera d’exister et ce même quand vient la nuit. Car c’est vous toutes et tous qui participez à la vitalité d’Abalecon. Soyez en remerciés ! Alors, ce soir, que votre voix se mêle à celle de Marcs !
Vive la musique ! Vive la langue abaleconienne ! Vive notre pays !
Après avoir applaudi chaleureusement les différentes prestations qui avaient eu lieu, Anàsztazia fut accueillie par une ovation du public, qui appréciait sa carrière d’actrice mais également son authenticité. La belle blonde n’avait pas caché la tendresse qu’elle éprouvait pour Dumìtri et elle avait amené leur fille, qu’elle confia à son père le temps de venir sur scène. Qu’importe que l’on dise d’elle qu’elle affichait sa famille, les critiques, il y avait bien longtemps qu’elle torchait ses escarpins avec. C’était sûrement ce côté rentre-dedans et franc du collier qui attirait la sympathie du public et renforçait sa réputation d’emmerdeuse de première. Elle ne s’en cachait pas et affichait même cela comme une fierté.
– Mandì ! Merci ! Mais enfin calmez-vous, rendons plutôt hommages à ces hommes et ces femmes qui sont venus se produire devant vous avec humilité et créativité ! Ce sont des moments comme ceux-là qui sont essentiels à notre pays, parce que nous y partageons nos émotions ! Et tout le monde se fout bien de savoir s’il s’agit d’un mec ou d’une nana. Comme quoi, l’égalité n’est pas aussi étrangère à notre société que ce qu’on voudrait nous faire croire. J’ai choisi de soutenir un duo pour le démontrer, pour parler de complémentarité et de symbiose. Leurs deux voix se marient avec une belle harmonie. Ils s’appellent Rivòluzion et vont interpréter une chanson qui s’appelle Ancjèmo jo e tu, pour vous. Je vous demande de leur réserver le même accueil et de les soutenir !
Elle accueillit sur la scène les deux artistes qui chantaient en duo. Elle leur souhaita bonne chance et s’éclipsa, les laissant interpréter leur morceaux dansant.
Voilà définitivement une soirée exceptionnelle chère telespectateurs d’ARTA et cher public. Avant les deux dernières chansons, je vous propose une page de publicité ! Vous découvrirez dans quelques minutes les deux dernières chansons en compétition. A tout de suite !
Publìcsitât
Bielvède, partenaire de votre bien-être et du festival de la chanson abaleconienne d’Osztiè.
Pjotr entra sur la scène, cigare en bouche. Etrangement, les applaudissements furent plus timides. Cela lui importait plus. Il n’avait jamais couru après la notoriété, bien au contraire. Ce qui était certain, c’est que son pantalon de costume ne cachait pas grand chose du service avantageux dont la nature l’avait doté. Choquant ? Sa Sublime Poutre ne cessait d’être prise comme référence, alors il s’en moquait pas mal de faire un scandale. Et puis si les gens étaient indisposés, ils n’avaient qu’à regarder ailleurs. Ce n’était pas de sa faute si le tissu était ajusté et taillait ses formes. Il s’approcha du micro et de sa voix grave, rocailleuse, il commença :
– Ouais, ouais, tout le monde passe un agréable moment parait-il. Je ne sais pas pour les autres, mais moi et V, nous ne sommes pas venus là pour enfiler des perles et autocongratuler tout le monde. Non, nous sommes venus pour gagner et nous allons y parvenir grâce à vous. Du moins, si vous avez bon goût. V, c’est une femme, bien de chez nous ! Qui n’a pas froid aux yeux et qui s’est dit que chanter seule, ça serait original. Force est de constater qu’elle a bien eu raison puisque quel a été le spectacle qui nous a été offert ? Deux tarlouzes avec leurs danseurs, dont le clip laisse penser qu’ils ont laissé leur virilité dans la bennes à ordures. Un mec… un autre mec… un duo portée par une harpie en fin de carrière qui nous les brise menu avec son égalité… Fantastique cette soirée ! Alors moi ce que je vous propose, c’est que nous arrêtions toutes ces conneries et que nous revenions à l’essentiel. Une femme n’a pas besoin d’être avec un homme pour exister. V va vous le démontrer, parce qu’elle est aussi attaché que moi aux bonnes vieilles traditions ! Profitez de sa prestation, parce que ça sera le meilleur moment de cette soirée. Revenons-en aux sources et glorifions nos chanteuses, les vraies ! Voici V et sa chanson « L’inzìrli che jo o vedì » !
C’était enfin au tour de Nadàlia Cosznìteis, conseillère matriarcale et présidente du Bloc Naziònal szimeàn de se présenter sur le plateau. Elle arrivait bien entendu avec une artiste pour clôturer la soirée. Il était hors de question que Nadàlia offre son matronage à un homme.
– Buenè szerè a dutìs cjarìs csitàdinis abàleconiane ! O szoi contènte di preszèntâ chesztè cjantaùtore Ziuzì. Bonsoir à toutes les citoyennes d’Abalecon ! Je suis très heureuse de vous présenter la chanteuse Ziuzì. Elle nous arrive de Vatfèr, où bat le cœur de notre pays.
Ziuzì nous interprète une chanson en l’honneur de notre mère Szimà. Car ne nous méprenons pas : un homme qui présente une femme n’est pas plus digne qu’une abaleconienne qui encourage un homme à chanter. Alors oui, je le dis, aucune des chansons qui précèdent celle-ci ne méritent de figurer dans un concours de chansons abaleconiennes.
Ziuzì chante Abalecon, chante notre culture et notre langue. Avec son amour pour notre Créatrice, elle nous rappelle nos origines, nos valeurs et notre boussole.
Je vous remercie d’encourager Ziuzì, la seule chanson abaleconienne de cette soirée !



