Anastasya n’avait pas pensé pouvoir être élue au poste de Matriarche. En réalité, le résultat du scrutin était une surprise pour elle. Mais elle n’en démontra rien. Son côté confiant pouvait parfois passer pour de la vanité ou de la prétention. Pourtant quand on la connaissait bien, on savait que tout ça n’était qu’une façade. Loin de se sentir surhumaine, Kireis évitait de montrer des points faibles, tout simplement. Parce qu’elle le savait si elle s’exposait vraiment, les gens s’en serviraient. Lorsqu’elle constata qu’elle l’avait emporté à 1 voix près, elle esquissa un sourire radieux.
Une volée d’acclamations monta aussitôt des rangs du PSC. En gagnant ce poste d’importance, la gauche abaleconienne s’offrait une fenêtre inédite pour représenter ses idées et mettre en oeuvre sa politique. Même si tout restait entre les mains du Conszeì Grant, le PSC allait pouvoir donner le ton, du moins s’y efforcer. Avec le BNS, il était difficile de savoir comment les choses allaient tourner. Durant ce mandat, il faudrait la jouer fine, mettre en place une stratégie de rapprochement avec l’AC, représenté par Armàlina. Les deux femmes avaient travaillé ensemble et elles se respectaient. En tout pour Anastasya c’était le cas. Elle appréciait sa prédécesseuse. Peu de gens pouvaient s’en vanter.
Suivant la jeune femme, Anastasya s’avança à son tour et se présenta également pour prêter serment :
– Jo o zurì di jeszì fedêl a le Repùbliche, di riszpiètâ cun lealtât le Cosztìtuzion e lis lecs dal Sztât, di puartâ indèvant i dovês dal me ufìcsi intàl intères da le Amìnisztrazion pal ben di ducj !
Nadàlia se présenta également devant le Grand Conseil pour la prestation de serment. Elle était heureuse de retrouver le fauteuil des affaires intérieures, qu’elle avait occupé à plusieurs reprises. Elle salua ses collègues conseillères et surtout les membres de son parti, qui se levèrent pour l’applaudir. L’une d’entre elles lui remit un bouquet de fleur pour l’encourager à défendre les valeurs abaleconiennes qui promettaient d’être menacées, une fois encore, dans les semaines à venir.
Elle prononça son serment, non sans ajouter une référence à Szimà, la déesse-mère des abaleconiennes.
– Jo o zurì, denànt de Szimà, di jeszì fedêl a le Repùbliche, di riszpiètâ cun lealtât le Cosztìtuzion e lis lecs dal Sztât, di puartâ indèvant i dovês dal me ufìcsi intàl intères da le Amìnisztrazion pal ben di ducj !