Lisz meràveis dal paîsz — Le Mont Szimà, cœur vivant d’Albanuova

Il domine Albanuova sans jamais vraiment se laisser oublier. Depuis les côtes, sa silhouette se devine au-dessus des reliefs ; depuis les vallées de l’intérieur, ses pentes occupent l’horizon. Le Mont Szimà est à la fois le point culminant de l’île, un volcan toujours actif et l’un des lieux les plus chargés de sens de…

Il domine Albanuova sans jamais vraiment se laisser oublier. Depuis les côtes, sa silhouette se devine au-dessus des reliefs ; depuis les vallées de l’intérieur, ses pentes occupent l’horizon. Le Mont Szimà est à la fois le point culminant de l’île, un volcan toujours actif et l’un des lieux les plus chargés de sens de la culture albanovaise.

Pour ce nouvel épisode de Lisz meràveis dal paîsz, Urbàn Nocsènt quitte les villes et les rivages pour gagner le centre de l’île. Là, à 749 mètres d’altitude, se trouve une montagne qui nourrit Albanuova autant qu’elle rappelle régulièrement à ses habitantes que la terre sur laquelle elles vivent reste en mouvement.

Une île née du feu

Albanuova est une île volcanique. Le Mont Szimà en constitue la manifestation la plus évidente : son relief domine le centre du territoire et ses pentes ont façonné une grande partie des paysages environnants. Aujourd’hui encore, le volcan n’est pas éteint. La plupart du temps, Szimà paraît paisible. Ses pentes se couvrent de végétation, les chemins accueillent les promeneuses et les terres situées plus bas sont cultivées. Pourtant, cette tranquillité n’est jamais considérée comme définitive. L’activité volcanique demeure surveillée et des épisodes éruptifs continuent de rappeler que sous les paysages familiers d’Albanuova subsiste une importante activité géologique.

« Lorsqu’on regarde la montagne depuis la vallée, il est facile d’oublier qu’elle est vivante », observe Urbàn Nocsènt au début de son ascension. « Puis on rencontre une ancienne coulée, une roche noire ou une terre encore marquée par une éruption passée, et le paysage raconte soudain une tout autre histoire. »

Le volcan est suivi par la Protèzion Csivîl, chargée de la surveillance du risque et de la protection de la population. Il n’existe pas d’observatoire indépendant installé sur le Mont Szimà : la surveillance relève directement du dispositif de protection civile d’Albanuova. Les données recueillies permettent d’adapter les mesures de prévention et, lorsque cela s’avère nécessaire, d’informer les communes susceptibles d’être concernées par une évolution de l’activité volcanique.

La montagne qui nourrit

Le paradoxe du Mont Szimà est connu de toutes les familles installées sur ses contreforts : ce qui peut détruire est aussi ce qui fertilise. Les matériaux volcaniques accumulés au cours des siècles ont contribué à former des sols particulièrement riches. Autour du massif, les terres agricoles bénéficient de cette fertilité et certaines cultures sont depuis longtemps associées aux paysages de l’intérieur de l’île. Dans une petite exploitation située sur les pentes basses du volcan, une agricultrice montre à l’équipe d’ARTA une poignée de terre sombre.

« Regardez-la. C’est Szimà », dit-elle simplement. « Quand la montagne se fâche, nous la craignons. Mais tout ce qui pousse ici vient aussi d’elle. »

Cette relation explique probablement pourquoi les Albanovais n’ont jamais considéré le volcan uniquement comme une menace naturelle. Vivre auprès du Mont Szimà signifie accepter une contradiction : redouter sa colère tout en dépendant de ses bienfaits.

Le nom même de la montagne lui confère une place particulière. Dans le culte gémélis, Szimà occupe une position centrale aux côtés de Fivòs. La montagne qui porte son nom est ainsi entourée depuis longtemps d’une dimension religieuse qui dépasse largement sa géographie. Pour certaines traditions populaires, le Mont Szimà ne serait pas simplement un lieu placé sous la protection de la déesse. Il pourrait être considéré comme une manifestation de Szimà elle-même dans le monde terrestre. La croyance n’a jamais nécessité de doctrine parfaitement définie. Elle apparaît surtout dans les récits, les gestes et les expressions populaires. Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir dans le volcan une image particulièrement puissante de la divinité.

« Peut-être que les anciennes n’essayaient pas d’expliquer le volcan », avance Urbàn Nocsènt. « Peut-être constataient-elles simplement que cette montagne possédait exactement les qualités qu’elles attribuaient à Szimà : la fécondité, la puissance, la protection et une colère qu’il serait dangereux d’ignorer. »

Marcher sur Szimà

Durant l’été, les chemins du massif attirent de nombreuses habitantes et visiteuses. L’ascension change progressivement de paysage. Aux zones cultivées succèdent des espaces plus boisés, puis une végétation plus basse à mesure que l’altitude augmente. Par endroits, les roches volcaniques apparaissent directement sous le chemin. Le sommet offre l’un des panoramas les plus spectaculaires du pays. Depuis les hauteurs, Albanuova retrouve soudain ses proportions d’île. Par temps clair, les côtes deviennent visibles au-delà des vallées et des reliefs secondaires. La mer apparaît de plusieurs côtés, rappelant combien les distances restent courtes entre le centre montagneux et les rivages. Cette proximité entre volcan et mer donne à Albanuova une géographie singulière : on peut quitter une baie le matin, traverser des terres agricoles et se retrouver quelques heures plus tard sur les pentes du point culminant de la République.

Mais l’accès au massif n’est jamais totalement détaché du risque volcanique. Les recommandations de la Protèzion Csivîl doivent être respectées et certains secteurs peuvent être temporairement déconseillés ou interdits lorsque les conditions l’exigent. La présence permanente du Mont Szimà a également développé une véritable culture du risque. Les habitantes des secteurs voisins connaissent les consignes de la Protèzion Csivîl et les autorités suivent l’évolution du volcan afin de pouvoir réagir si son activité devait s’intensifier. Cette surveillance n’est pas destinée à transformer le Mont Szimà en menace permanente. Elle permet au contraire de continuer à vivre normalement autour du volcan tout en sachant qu’une évolution reste possible. Cette coexistence constitue peut-être l’un des traits les plus caractéristiques du rapport des Albanovais à leur territoire. Le volcan n’est ni domestiqué ni considéré comme un ennemi.

En fin d’après-midi, les premières brumes accrochent les reliefs. Depuis le chemin, le sommet disparaît progressivement derrière les nuages. Quelques randonneuses redescendent vers la vallée tandis que les dernières lumières éclairent encore les terres cultivées situées plus bas. La montagne semble alors retrouver quelque chose d’impénétrable.

« Nous sommes venus au Mont Szimà pour découvrir un volcan », conclut Urbàn Nocsènt. « Nous avons trouvé un paysage, des terres fertiles, un risque naturel, un lieu de promenade et l’un des plus puissants symboles d’Albanuova. Peut-être est-ce précisément pour cela que les anciennes lui ont donné le nom de Szimà. Parce qu’aucun autre lieu ne pouvait mieux raconter la relation de ce pays avec la terre qui le porte. »

Au centre de l’île, le Mont Szimà continue ainsi de veiller sur Albanuova. Paisible aujourd’hui. Peut-être moins demain. Mais toujours vivant.

Le groupe ARTA

ARTA Primè

La première chaîne publique d’Albanuova, consacrée à l’information, aux magazines, aux émissions culturelles et aux grands événements.

Radiò Szorèli

La radio publique nationale, diffusée sur tout le territoire, entre actualités, musique et formats de proximité.

Sztudì Csinè ARTA

La maison de production audiovisuelle d’ARTA, installée à Pjedìmont, dédiée aux films, séries et créations originales.