Calendrier des élections de la 24ème Législature du Conszeì Grant

Armàlina Csilàn
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La Matriarche communique :

Les élections matriarcales pour le renouvellement de la 24e législature du Conszeì Grant se tiendront du 17 au 21 juin 2026. Les listes de candidates devront être déposées devant la Cort matriàrcjâl au plus tard le 11 juin 2026. La campagne officielle se déroulera du 13 au 19 juin 2026, avec un débat national organisé le 17 juin sur ARTA Primè et Radiò Szorèli. Les résultats seront proclamés le 21 juin 2026, lors de la session ordinaire de l’Adùnansze réunie à Pjedìmont pour le Szolsztìzi di Isztât.

Lundi 1er juin 2026
Ouverture de la période préélectorale.
Avis de convocation des élections matriarcales pour le renouvellement des 49 sièges du Conszeì Grant. Les partis politiques et groupements de candidates peuvent commencer à constituer leurs listes nationales.

Jeudi 11 juin 2026 — 18h00
Date limite de dépôt des listes
Chaque liste doit comprendre autant de candidates que de sièges à pourvoir, soit 49 candidates, et comporter au moins une citoyenne animée active.

Vendredi 12 juin 2026
Arrêt officiel des listes
Publication des listes admises à concourir et ouverture formelle de la campagne électorale.

Du samedi 13 au vendredi 19 juin 2026
Campagne électorale officielle.

Mercredi 17 juin 2026
Débat national diffusé sur ARTA Primè.

Du mercredi 17 au dimanche 21 juin 2026
Ouverture du scrutin.
Le vote dure cinq jours, durée maximale prévue par la loi.

Dimanche 21 juin 2026 — Szolsztìzi di Isztât
Clôture du scrutin et réunion de l’Adùnansze à Pjedìmont.
Les résultats sont proclamés lors de la 24e session ordinaire de l’Adùnansze, réunie sur la Place de l’Unité, entre le Palais matriarcal et le Conszeì Grant.


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Publication des listes admises à concourir et ouverture formelle de la campagne électorale

La Cort matriàrcjâl informe les citoyennes et citoyens de la République d’Albanuova qu’à l’issue de la période de dépôt des candidatures, trois listes ont été régulièrement déposées en vue des élections de la 24e législature du Conszeì Grant.

Après examen formel des dossiers transmis dans les délais prévus par le calendrier électoral, la Cort matriàrcjâl déclare admises à concourir les listes suivantes :

  • la liste Aleàncse Csivìche, conduite par Clejà Morszàn ;
  • la liste Bloc Naziònâl Szimeàn, conduite par Nadàlia Cosznìteis ;
  • la liste Parti Sans Conservateurs, conduite par Zinèvra Lesztàn.

Ces trois listes remplissent les conditions prévues par la loi électorale et sont donc autorisées à participer au scrutin pour le renouvellement des 49 membres du Conszeì Grant.

La publication des listes admises marque l’ouverture formelle de la campagne électorale. À compter de ce jour, les formations politiques candidates peuvent présenter leurs programmes, organiser leurs réunions publiques, publier leurs professions de foi et prendre part aux échanges politiques dans le respect des règles applicables à la campagne.

Le scrutin se déroulera conformément au calendrier électoral publié. Les résultats seront proclamés à l’issue des opérations de vote, lors de la session de l’Adùnansze réunie à Pjedìmont.


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Débat national de la 24e législature du Conszeì Grant

Les trois têtes de liste face aux électrices et électeurs sur ARTA Primè

Pjedìmont — Studios d’ARTA Primè. Les projecteurs s’allument sur le grand plateau du Telègjornâl, exceptionnellement réaménagé pour accueillir le débat national des élections de la 24e législature du Conszeì Grant. Au fond de la scène, une carte stylisée d’Albanuova laisse apparaître les sept paisz, tandis qu’un bandeau lumineux affiche le thème de la soirée :

« Sept paisz, une République : quelle représentation pour Albanuova ? »

La soirée est diffusée en direct sur ARTA Primè et retransmise sur Radiò Szorèli. Face aux caméras, trois pupitres ont été installés. À gauche, Clejà Morszàn, tête de liste de l’Aleàncse Csivìche. Au centre, Nadàlia Cosznìteis, tête de liste du Bloc Naziònâl Szimeàn. À droite, Zinèvra Lesztàn, tête de liste du Parti Sans Conservateurs.

Derrière la table de modération, Lizià Montèneisz ajuste ses notes, lève les yeux vers la caméra principale, puis prend la parole.

Lizià Montèneisz :
Mandì à toutes et à tous. Bienvenue sur ARTA Primè pour le débat national des élections de la 24e législature du Conszeì Grant. Dans quelques jours, les électrices et électeurs seront appelés à renouveler les quarante-neuf membres de l’assemblée législative. Trois listes sont admises à concourir : l’Aleàncse Csivìche, conduite par Clejà Morszàn ; le Bloc Naziònâl Szimeàn, conduit par Nadàlia Cosznìteis ; et le Parti Sans Conservateurs, conduit par Zinèvra Lesztàn.

Ce soir, nous aborderons deux questions majeures : d’abord, la représentation des paisz au Conszeì Grant ; ensuite, le débat sur la citoyenneté politique des hommes et la définition contemporaine du matriarcat albanovais.

Elle se tourne vers les trois candidates.

Lizià Montèneisz :
Merci à toutes les trois d’avoir accepté ce débat. Je vous propose de commencer par une courte déclaration liminaire. Szra. Morszàn, vous avez la parole.

Déclarations liminaires

Clejà Morszàn :
Merci, Lizià. Mandì aux Albanovaises et aux Albanovais qui nous regardent ou nous écoutent ce soir. Cette élection est importante, parce qu’elle touche à ce que nous sommes comme République. L’Aleàncse Csivìche abordera cette campagne avec sérieux. Nous croyons qu’Albanuova doit évoluer, mais qu’elle ne doit pas se défaire. Nous croyons qu’il faut mieux entendre les paisz, sans opposer Pjedìmont au reste du pays. Nous croyons qu’il faut ouvrir des droits nouveaux, sans transformer le matriarcat en souvenir vide. Notre ligne est simple : réformer avec responsabilité.

Lizià Montèneisz :
Merci. Szra. Cosznìteis ?

Nadàlia Cosznìteis :
Mandì. Je veux d’abord dire aux citoyennes que cette élection est une alerte. Depuis plusieurs mois, certains présentent comme modernes des réformes qui fragiliseraient les fondations mêmes d’Albanuova. On veut affaiblir le centre politique, relativiser la place de la Matriarche, transformer le Conszeì Grant en assemblée de territoires concurrents et ouvrir une brèche dans la citoyenneté matriarcale. Le Bloc Naziònâl Szimeàn sera la voix de celles qui refusent que la République matriarcale soit dissoute au nom de mots séduisants.

Lizià Montèneisz :
Merci. Szra. Lesztàn ?

Zinèvra Lesztàn :
Mandì à toutes et tous. Le PSC ne veut pas dissoudre Albanuova. Nous voulons l’accomplir. Notre République repose sur sept paisz, sept mémoires, sept communautés historiques. Pourtant, aujourd’hui, certains territoires pèsent moins que d’autres dans la décision nationale. Nous proposons une règle claire : sept paisz, sept membres chacun au Conszeì Grant. Nous voulons aussi poser une question que beaucoup évitent : le matriarcat doit-il être une organisation pro-femmes qui exclut durablement les hommes, ou peut-il devenir une tradition politique égalitaire, née des femmes mais ouverte à toutes et tous ? Voilà le débat que nous voulons mener.

Premier thème : l’égalité des paisz au Conszeì Grant

Lizià Montèneisz :
Entrons dans le premier sujet. La loi électorale fixe aujourd’hui une répartition des quarante-neuf sièges entre les communes. Pjedìmont dispose de onze sièges, Purdènan de neuf, Ysztriè et Oszlàvie de sept, tandis qu’Osztiè, Remànzas et Szaurìs disposent de cinq sièges chacun. Le PSC propose de remplacer ce système par une représentation égale des sept paisz : sept membres par paisz. Szra. Lesztàn, pourquoi cette réforme ?

Zinèvra Lesztàn :
Parce que le Conszeì Grant ne doit pas être seulement le reflet des déséquilibres démographiques. Albanuova est une petite République insulaire, mais elle est composée de territoires qui ont chacun une histoire, une identité, des besoins et des contraintes. Pjedìmont concentre les institutions, les médias, une grande partie des services et de la population. Cela lui donne déjà une influence considérable dans la vie quotidienne. Si le Conszeì Grant continue de reproduire ce déséquilibre, alors les paisz ruraux, littoraux ou périphériques resteront toujours dans une position secondaire.

Lizià Montèneisz :
Vos adversaires disent que votre réforme retirerait des sièges aux paisz les plus peuplés.

Zinèvra Lesztàn :
Elle donnerait surtout une voix égale à chaque territoire historique. Ce n’est pas une punition contre Pjedìmont. C’est une garantie pour toute Albanuova. Nous ne disons pas que la population ne compte pas. Nous disons que, dans une République fondée sur sept paisz, le territoire doit aussi être protégé dans la Constitution.

Nadàlia Cosznìteis :
C’est précisément le problème. Le PSC veut faire croire qu’il protège les territoires, mais il organise en réalité une rupture du principe national. Le Conszeì Grant n’est pas une réunion de délégations locales. C’est l’assemblée législative de la République. Si chaque paisz dispose du même poids, quel que soit le nombre d’habitantes et d’habitants, alors une citoyenne de Pjedìmont pèsera politiquement beaucoup moins qu’une citoyenne d’un petit paisz. Où est l’égalité dans cela ?

Zinèvra Lesztàn :
L’égalité dont vous parlez est abstraite. La réalité, c’est que les territoires les moins peuplés doivent sans cesse se battre pour être entendus.

Nadàlia Cosznìteis :
Non. La réalité, c’est que le système actuel les protège déjà. Osztiè, Remànzas et Szaurìs disposent chacun de cinq sièges malgré leur population plus faible. Le système n’est pas brutalement proportionnel. Il ménage déjà un équilibre. Vous, vous voulez transformer cet équilibre en surreprésentation systématique.

Clejà Morszàn :
Je crois qu’il faut sortir de cette opposition trop mécanique. Szra. Lesztàn a raison sur un point : les paisz doivent être mieux associés aux décisions nationales. Le sentiment d’éloignement existe, notamment dans les communes moins centrales. Mais Szra. Cosznìteis a aussi raison de rappeler que le Conszeì Grant n’est pas seulement une chambre territoriale. Il représente l’ensemble de la République.

Lizià Montèneisz :
Donc l’AC refuse la réforme du PSC ?

Clejà Morszàn :
Nous refusons de l’adopter telle quelle, sans étude, sans consultation et sans garanties. Passer à sept sièges par paisz est une réforme constitutionnelle lourde. Elle modifierait l’équilibre entre Pjedìmont, Purdènan, les paisz côtiers et les paisz moins peuplés. L’AC propose une méthode : ouvrir une commission sur la représentation territoriale, consulter les paisz, évaluer la répartition actuelle et proposer une réforme qui respecte à la fois les territoires et la population.

Zinèvra Lesztàn :
La méthode, c’est souvent le mot que l’on emploie quand on veut éviter de décider.

Clejà Morszàn :
Non, c’est le mot que l’on emploie quand on veut que la décision tienne plus longtemps qu’un slogan.

Quelques murmures parcourent le plateau. Lizià Montèneisz laisse passer une seconde, puis relance.

Lizià Montèneisz :
Szra. Cosznìteis, le BNS défend donc le maintien pur et simple de la répartition actuelle ?

Nadàlia Cosznìteis :
Nous défendons le principe d’un Conszeì Grant national, pas une addition de fiefs territoriaux. La répartition actuelle peut naturellement être discutée à la marge si des évolutions démographiques le justifient. Mais nous refusons le principe de l’égalité automatique entre paisz. Albanuova a besoin d’unité, pas d’un système qui encouragerait chaque territoire à défendre son intérêt contre le voisin.

Zinèvra Lesztàn :
Vous confondez unité et centralisation.

Nadàlia Cosznìteis :
Et vous confondez décentralisation et dispersion.

Clejà Morszàn :
Voilà exactement pourquoi l’AC veut un chemin de réforme sérieux. Si l’on fait de cette question un affrontement entre Pjedìmont et les autres paisz, nous perdrons tous. L’enjeu est de faire en sorte que chaque territoire soit entendu sans créer une République fragmentée.

Deuxième thème : Pjedìmont et le poids de la capitale

Lizià Montèneisz :
Pjedìmont est au cœur de cette discussion. Capitale politique, siège du Palais matriarcal, du Conszeì Grant, d’ARTA, d’une grande partie des administrations, elle concentre aussi une part importante de la population. Est-elle trop puissante ?

Zinèvra Lesztàn :
Pjedìmont n’est pas coupable d’être Pjedìmont. C’est notre capitale, notre centre institutionnel, un lieu essentiel de la République. Mais il faut reconnaître que cette concentration crée un déséquilibre. Quand les décisions, les médias, les carrières administratives et les débats nationaux sont majoritairement pjédimontais, les autres paisz peuvent avoir le sentiment d’être invités dans une République déjà écrite sans eux.

Clejà Morszàn :
Je partage une partie du constat. C’est pourquoi l’AC défend depuis longtemps la modernisation des services publics et une meilleure présence administrative dans les paisz. Mais je ne veux pas que Pjedìmont devienne le bouc émissaire de cette campagne. La capitale porte aussi des charges nationales : transports, institutions, accueil des événements, services, sécurité, représentation diplomatique. Elle ne fait pas que recevoir, elle assume.

Nadàlia Cosznìteis :
Pjedìmont est le cœur de la République. Vouloir réduire son poids symbolique et politique, c’est prendre le risque d’affaiblir l’État. Les paisz sont importants, mais ils ne doivent pas devenir des contre-pouvoirs permanents face aux institutions matriarcales. Le BNS veut des paisz actifs, oui, mais dans une République tenue par un centre fort.

Zinèvra Lesztàn :
C’est bien là notre divergence. Pour vous, les paisz doivent être actifs tant qu’ils ne décident pas trop. Pour nous, ils doivent participer pleinement à la loi.

Nadàlia Cosznìteis :
Ils participent déjà.

Zinèvra Lesztàn :
Pas à égalité.

Clejà Morszàn :
La question est de savoir quelle égalité l’on recherche : égalité entre les territoires, égalité entre les citoyennes, ou équilibre entre les deux. C’est cela que cette campagne doit clarifier.

Troisième thème : citoyenneté des hommes et définition du matriarcat

Lizià Montèneisz :
Venons-en au second grand débat de cette campagne : la citoyenneté politique des hommes. Szra. Lesztàn, le PSC souhaite ouvrir ce débat. Jusqu’où voulez-vous aller ?

Zinèvra Lesztàn :
Nous voulons aller jusqu’au bout de la logique civique. Les hommes vivent dans la République, travaillent, servent dans les communes, participent aux coopératives, aux transports, à la culture, à la protection civile, à la vie économique. Beaucoup sont nés ici, parlent l’albanovais, aiment ce pays. Pourtant, ils restent politiquement incomplets. Le PSC défend la pleine citoyenneté politique des hommes : droit de vote, participation civique, représentation. Une République sûre d’elle-même n’a pas besoin d’exclure pour rester fidèle à son histoire.

Nadàlia Cosznìteis :
Ce discours est dangereux parce qu’il présente notre modèle comme une injustice ordinaire. Albanuova est une République matriarcale. La citoyenneté politique y est liée à la filiation maternelle, aux mères, à l’Adùnansze, au rôle historique des femmes dans la transmission et la décision. Ce n’est pas une anomalie. C’est notre identité. Les hommes ont une place dans la société albanovaise, mais cela ne signifie pas que le pouvoir politique doive cesser d’être matriarcal.

Lizià Montèneisz :
Szra. Cosznìteis, pour vous, accorder la citoyenneté politique aux hommes ferait disparaître le matriarcat ?

Nadàlia Cosznìteis :
À terme, oui. On commencera par dire que les hommes doivent voter. Puis qu’ils doivent être élus. Puis qu’ils doivent diriger les offices. Puis qu’ils doivent pouvoir devenir Matriarche, ou que la fonction elle-même doit disparaître parce qu’elle serait trop féminine. C’est toujours ainsi que les renoncements commencent : par un mot raisonnable, puis par l’effacement progressif de ce qui nous rend uniques.

Zinèvra Lesztàn :
Vous agitez une peur. Le PSC n’a jamais proposé d’abolir la Matriarche, ni le Culte de Szimà, ni la filiation maternelle. Nous disons que le matriarcat peut être autre chose qu’une restriction juridique. Il peut être une culture politique née de l’expérience des femmes, mais capable de produire de l’égalité.

Nadàlia Cosznìteis :
Un matriarcat où les hommes ont exactement les mêmes droits politiques que les femmes n’est plus un matriarcat. C’est une république indifférenciée avec quelques symboles féminins.

Clejà Morszàn :
Je crois qu’il faut d’abord poser correctement la question. Le matriarcat peut être compris de deux façons. Il peut être vu comme la primauté politique des femmes, et c’est la lecture défendue par le BNS. Il peut aussi être vu comme une tradition politique construite depuis les femmes, qui peut inspirer une société plus égalitaire, et c’est la lecture du PSC. L’AC considère que ce débat est légitime, mais qu’il ne doit pas être tranché dans la précipitation.

Lizià Montèneisz :
Concrètement, que propose l’AC ?

Clejà Morszàn :
Nous proposons une réforme en étapes. D’abord, reconnaître un statut civique renforcé aux hommes : droit de participation consultative dans les communes, possibilité d’intégrer certaines instances locales, meilleur accès aux responsabilités économiques et administratives lorsqu’elles ne relèvent pas directement de la citoyenneté matriarcale. Ensuite, ouvrir une commission constitutionnelle sur la citoyenneté. Enfin, soumettre toute évolution majeure à un débat national clair.

Zinèvra Lesztàn :
Encore une commission.

Clejà Morszàn :
Oui, parce que nous parlons de l’architecture profonde de la République, pas d’un règlement communal sur l’assainissement.

Nadàlia Cosznìteis :
Sur ce point au moins, je reconnais que Szra. Morszàn mesure la gravité du sujet. Mais je dis aux électrices : ne vous trompez pas. L’AC ouvre la porte que le PSC veut ensuite enfoncer.

Clejà Morszàn :
Non. Nous ouvrons un débat que le BNS voudrait interdire.

Zinèvra Lesztàn :
Et que l’AC voudrait ralentir jusqu’à ce qu’il perde sa force.

Lizià Montèneisz :
Je vous interromps un instant. La question posée est aussi philosophique : le matriarcat est-il une protection des femmes ou une égalité pensée depuis les femmes ? Réponse courte de chacune. Szra. Cosznìteis ?

Nadàlia Cosznìteis :
Le matriarcat est d’abord la garantie que les femmes ne seront jamais renvoyées à un rôle secondaire dans leur propre République. Il est une protection politique, et cette protection suppose un pouvoir réel, pas seulement symbolique.

Lizià Montèneisz :
Szra. Lesztàn ?

Zinèvra Lesztàn :
Le matriarcat est une origine, pas une frontière. Il a permis aux femmes d’organiser la société, de transmettre, de gouverner. Aujourd’hui, il peut devenir une base d’égalité pour toutes et tous.

Lizià Montèneisz :
Szra. Morszàn ?

Clejà Morszàn :
Le matriarcat est une continuité vivante. S’il ne change jamais, il se fige. S’il change trop vite, il se dissout. Notre responsabilité est de le faire évoluer sans le rompre.

Quatrième thème : réforme ou rupture ?

Lizià Montèneisz :
Les deux sujets de ce soir — égalité des paisz et citoyenneté des hommes — posent finalement la même question : réforme ou rupture ? Szra. Lesztàn, vos adversaires disent que le PSC veut refonder Albanuova trop vite.

Zinèvra Lesztàn :
Je leur réponds que ce qu’ils appellent précipitation est souvent simplement le moment où les demandes longtemps ignorées deviennent impossibles à repousser. Les petits paisz veulent être respectés. Les hommes veulent être reconnus. Les communes veulent peser davantage. Les jeunes générations ne comprennent plus toujours pourquoi une tradition forte devrait empêcher l’égalité civique. Le PSC assume de porter ces aspirations.

Nadàlia Cosznìteis :
Le PSC additionne toutes les impatiences et appelle cela un projet. Gouverner, ce n’est pas flatter chaque revendication. Gouverner, c’est savoir ce qui doit rester stable. Albanuova a survécu aux périodes sombres, à la flemmingite, aux bouleversements politiques, parce que ses institutions matriarcales ont tenu. Les fragiliser aujourd’hui serait une faute.

Clejà Morszàn :
Je pense que les deux excès sont dangereux. Refuser toute réforme au nom de la stabilité, c’est prendre le risque de couper les institutions de la société réelle. Mais vouloir transformer simultanément la représentation territoriale, la citoyenneté et l’équilibre du matriarcat, c’est prendre le risque d’une crise constitutionnelle. L’AC propose une voie de réforme ordonnée.

Zinèvra Lesztàn :
Une voie de réforme ordonnée, c’est souvent une voie où l’ordre passe avant la réforme.

Clejà Morszàn :
Et une voie de réforme sans ordre, c’est parfois une voie où la réforme détruit sa propre légitimité.

Nadàlia Cosznìteis :
Ce débat montre au moins une chose : seul le BNS dit clairement qu’il faut arrêter cette fuite en avant.

Zinèvra Lesztàn :
Vous dites clairement non à tout.

Nadàlia Cosznìteis :
Je dis clairement oui à Albanuova.

Clejà Morszàn :
Nous disons oui à Albanuova, mais à une Albanuova capable de s’adapter.

Questions rapides

Lizià Montèneisz :
Nous passons à une série de questions rapides. Réponses courtes, s’il vous plaît.

Première question : faut-il inscrire dans la Constitution le principe d’une représentation égale des sept paisz ?

Zinèvra Lesztàn :
Oui. Sept paisz, sept voix.

Nadàlia Cosznìteis :
Non. La République n’est pas une confédération de territoires.

Clejà Morszàn :
Pas en l’état. Il faut d’abord une commission et une consultation des paisz.

Lizià Montèneisz :
Deuxième question : les hommes doivent-ils obtenir le droit de vote aux élections du Conszeì Grant ?

Zinèvra Lesztàn :
Oui. La citoyenneté doit être complète.

Nadàlia Cosznìteis :
Non. Le droit politique national doit rester matriarcal.

Clejà Morszàn :
Pas immédiatement. Il faut avancer par étapes et consulter le pays.

Lizià Montèneisz :
Troisième question : Pjedìmont a-t-elle trop de poids politique ?

Zinèvra Lesztàn :
Oui, objectivement, par la concentration des institutions et des sièges.

Nadàlia Cosznìteis :
Non. Pjedìmont assume son rôle de capitale.

Clejà Morszàn :
Elle a un poids considérable, qu’il faut équilibrer sans l’affaiblir artificiellement.

Lizià Montèneisz :
Quatrième question : le matriarcat peut-il survivre à l’égalité civique complète ?

Zinèvra Lesztàn :
Oui, s’il est vivant et non défensif.

Nadàlia Cosznìteis :
Non, pas sous cette forme. L’égalité complète effacerait sa substance politique.

Clejà Morszàn :
Il peut évoluer, mais il faut définir précisément ce qui doit rester spécifiquement matriarcal.

Conclusions finales

Lizià Montèneisz :
Nous arrivons au terme de ce débat. Chacune dispose maintenant d’une minute pour s’adresser directement aux électrices et électeurs. Szra. Morszàn, vous commencez.

Clejà Morszàn :
Albanovaises, Albanovais, cette élection est importante parce qu’elle ne porte pas seulement sur des sièges. Elle porte sur notre manière de rester une République unie alors que la société change. L’AC ne vous promettra pas des réponses simples à des questions complexes. Nous vous promettons du sérieux, de la stabilité et le courage de réformer sans fracturer. Mieux représenter les paisz, oui. Reconnaître les évolutions de la société, oui. Mais toujours avec méthode, avec respect pour nos institutions et avec le souci de l’unité nationale. Si vous voulez une Albanuova qui avance sans se perdre, choisissez l’Aleàncse Csivìche.

Lizià Montèneisz :
Merci. Szra. Cosznìteis.

Nadàlia Cosznìteis :
Citoyennes d’Albanuova, ce soir, vous avez entendu deux formes différentes de renoncement : celui qui veut aller vite, et celui qui veut y aller lentement. Le résultat serait le même : moins de matriarcat, moins d’unité, moins de continuité. Le BNS défend une République forte, fidèle à ses mères, fidèle à Szimà, fidèle à ses institutions. Nous ne sommes pas contre les paisz. Nous ne sommes pas contre les hommes. Nous sommes pour un ordre politique qui a permis à Albanuova d’exister et de tenir debout. Ne laissons pas notre République devenir ordinaire. Donnez au Bloc Naziònâl Szimeàn la force de protéger ce qui ne doit pas être abandonné.

Lizià Montèneisz :
Merci. Szra. Lesztàn.

Zinèvra Lesztàn :
Albanovaises, Albanovais, on nous dira toujours qu’il est trop tôt pour l’égalité. Trop tôt pour les paisz. Trop tôt pour les hommes. Trop tôt pour les communes. Trop tôt pour celles et ceux qui attendent leur place. Le PSC pense au contraire qu’il est temps. Il est temps que les sept paisz soient représentés à égalité. Il est temps que le matriarcat cesse d’être utilisé comme une barrière et devienne une force d’émancipation. Il est temps qu’Albanuova fasse confiance à sa propre maturité. Notre devise dit : Di timp a’nd è szimprì. Il est toujours temps. Aujourd’hui, il est temps d’ouvrir la République.

Fin du débat

Lizià Montèneisz se tourne de nouveau vers la caméra.

Lizià Montèneisz :
Merci à toutes les trois pour ce débat. Merci à vous de l’avoir suivi sur ARTA Primè et Radiò Szorèli. Les élections de la 24e législature du Conszeì Grant se poursuivent conformément au calendrier électoral. Les électrices et électeurs auront désormais à se prononcer entre trois visions de la République : la réforme prudente de l’Aleàncse Csivìche, la continuité matriarcale du Bloc Naziònâl Szimeàn, et la refondation égalitaire du Parti Sans Conservateurs.

Elle marque une pause.

Lizià Montèneisz :
Bonne soirée à toutes et à tous. Riviòdisz.

Les lumières du plateau baissent lentement. Sur l’écran, la carte des sept paisz réapparaît, accompagnée du rappel du scrutin à venir.


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Élections de la 24e législature du Conszeì Grant

Proclamation officielle des résultats

Pjedìmont, Cort matriàrcjâl — La Cort matriàrcjâl proclame les résultats définitifs des élections de la 24e législature du Conszeì Grant, organisées conformément au calendrier électoral publié et aux dispositions de la loi sur les élections.

À l’issue des opérations de vote, de dépouillement et de répartition des sièges, la Cort matriàrcjâl constate que 30 061 électrices et électeurs étaient inscrits sur les listes électorales. Le scrutin a donné lieu à une participation particulièrement élevée, avec 27 220 suffrages exprimés, auxquels s’ajoutent 1 120 votes blancs et 1 723 abstentions.

Les résultats nationaux sont les suivants :

Liste Tête de liste Voix Pourcentage des suffrages exprimés Sièges
Aleàncse Csivìche Clejà Morszàn 15 950 58,60 % 29
Parti Sans Conservateurs Zinèvra Lesztàn 5 809 21,34 % 11
Bloc Naziònâl Szimeàn Nadàlia Cosznìteis 5 461 20,06 % 9

La répartition des sièges par paisz est arrêtée comme suit :

Paisz Aleàncse Csivìche Bloc Naziònâl Szimeàn Parti Sans Conservateurs Total
Ysztriè 4 1 2 7
Oszlàvie 3 2 2 7
Osztiè 2 1 2 5
Pjedìmont 9 1 1 11
Purdènan 5 2 2 9
Remànzas 3 1 1 5
Szaurìs 3 1 1 5
Total 29 9 11 49

La Cort matriàrcjâl constate en conséquence que la liste Aleàncse Csivìche, conduite par Clejà Morszàn, obtient la majorité absolue des sièges du Conszeì Grant, fixée à vingt-cinq sièges.

La Cort matriàrcjâl proclame donc élues les candidates et candidats des listes admises à concourir dans la limite des sièges obtenus par chacune d’elles, conformément à la répartition arrêtée ci-dessus.

Les résultats étant désormais proclamés, la 24e législature du Conszeì Grant est appelée à siéger conformément aux règles institutionnelles de la République.

Pour la Cort matriàrcjâl,
La greffe électorale


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