La Matriarche avait invité Nataliya Cosniteis et Luhset Lodukeis à sa résidence estivale pour discuter avec elles et trouver une solution au problème institutionnel qui se dessinait : les projets de lois étaient rejetés les uns après les autres et les élections ne permettraient sans doute pas de dessiner une majorité claire. Après les salutations et bénédictions d’usage, elle entra dans le vif du sujet :
« Notre pays va vers une situation politique inédite qui risque de courroucer Simà notre déesse-mère. Je sais que chacune d’entre vous a une vision très différente de ce qu’elle souhaite pour Abalecon. Mais nous ne pouvons pas continuer dans une voie qui présente toutes les caractéristiques de l’impasse. Je vous propose de mettre à plat vos différents et de discuter à une solution. Ma priorité est notre pays et pas tel ou tel parti. Luhset je te propose de commencer. »
Luhset était surprise de se retrouver à la résidence d’été de la Matriarche. Cette invitation était assez inattendue et elle avait longuement hésité. Mais le dialogue étant rompu à l’Assemblée, peut-être qu’une entrevue avec la Matriarche, qui endossait un rôle inhabituel d’arbitre, était l’unique solution.
– Tout d’abord, je te remercie Très Honorable Matriarche, que Simà te vienne en aide, d’avoir proposé cette rencontre. Nous sommes en effet dans une situation inextricable qui risque de paralyser notre pays. Le Conseil matriarcal refuse de répondre clairement à nos questions – comme par exemple sur l’adhésion à la LEM – mais aussi d’écouter nos arguments pour une administration plus transparente et respectueuse de la Constitution – comme par exemple pour la loi sur les agences, pour celles sur les organismes non lucratifs, ou encore celle sur l’agence Abalecon Tourisme. Et voilà maintenant qu’un règlement sort de nulle part sur l’inactivité ! Je pensais que les règlements avaient pour objectif d’appliquer une loi. Or, aucune loi n’a été votée sur l’inactivité.
C’est donc bien un gouvernement sourd à nos demandes et peu transparent. Nous demandons que le gouvernement réponde à nos questions et tienne compte du PSC qui est une force qui compte.
Nataliya, des remarques à apporter en réponse à l’opinion du PSC ?
Je constate que le PSC est en mauvaise passe pour les élections car il n’a d’autre programme que de critiquer ce que fait le BNS. Or si le BNS n’est plus aux commandes, la raison d’être du PSC s’effondre.
Je te remercie, Très Honorable Matriarche, d’avoir convoqué cette réunion. Il est en effet important de bien comprendre les enjeux et la situation de blocage dans laquelle nous a conduit le PSC, par seule chance et opportunisme. Mais j’ai pris bonne note de la manoeuvre et je ne manquerai pas de proposer une réforme profonde de la naturalisation et de l’intégration pour éviter ce genre de désagrément à l’avenir;