République d’Albanuova

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Arrivée de l'Ambassadeur mézène

#1350

La ligne aérienne entre Kaïtaïn et Pjedìmont n’étant pas encore ouverte, c’est par bateau qu’Antoine Bernardin, fraichement nommé Ambassadeur de Mézénas à Albanuova, arriva sur l’île en début d’après-midi.

Il avait auparavant fait escale à Véran, en passant par le détroit de Mare Noire, puis avait pris la direction d’Albanuova.

Dès qu’il posa le pied sur la terre ferme, il prit la direction de la douane.

#1355

Le bâtiment des douanes du port de Pjedìmont n’avait rien de monumental. Massif, fonctionnel, ouvert sur les quais, il était surtout conçu pour absorber le flot des voyageurs et des marchandises arrivant par mer. À cette heure de l’après-midi, l’activité restait modérée.

Lorsque Antoine Bernardin se présenta au contrôle, la fonctionnaire consulta les documents qu’il lui tendait avant de relever les yeux. La mention de sa qualité d’Ambassadeur de Mézénas suffit à modifier légèrement la procédure. Quelques vérifications plus tard, elle apposa le cachet de la République sur les documents d’entrée.

Fonctionnaire des douanes : Monsieur l’Ambassadeur, bienvenue en République d’Albanuova. Votre arrivée nous avait été annoncée.

Elle lui restitua ses papiers, puis désigna d’un geste une porte située à l’extrémité du hall.

Fonctionnaire des douanes : Une représentante du protocole matriarcal vous attend. Vous n’aurez pas d’autre formalité à accomplir ici.

De l’autre côté, une femme vêtue d’un sobre tailleur sombre s’avança à sa rencontre. Elle portait à la boutonnière le petit insigne doré de l’administration matriarcale.

Représentante du protocole : Excellence, je suis chargée de vous accueillir au nom de la Matriarche. Nous sommes heureuses de vous recevoir à Pjedìmont.

Elle inclina légèrement la tête avant de poursuivre.

Représentante du protocole : La Matriarche Armàlina Csilàn vous recevra au Palais matriarcal afin que vous puissiez lui remettre vos lettres de créance. Un véhicule est à notre disposition devant le terminal, si vous souhaitez vous y rendre immédiatement. À l’issue de cette audience, nous vous accompagnerons à l’Ambassade de Mézénas. Les locaux ont été préparés pour votre arrivée et vous pourrez dès aujourd’hui en prendre officiellement possession.

À l’extérieur, sur le quai, une voiture de l’administration attendait déjà. Plus loin, derrière les installations portuaires, apparaissaient les premiers bâtiments de Pjedìmont.

Représentante du protocole : J’espère que votre voyage depuis Kaïtaïn s’est déroulé sans difficulté, Excellence. Nous aurions préféré pouvoir vous accueillir directement à l’aéroport, mais il faudra encore un peu de patience avant l’ouverture de la liaison aérienne entre nos deux capitales.

Elle ouvrit la portière arrière du véhicule.

Représentante du protocole : Si vous voulez bien me suivre, Monsieur l’Ambassadeur. La Matriarche vous attend.

#1357

Antoine Bernardin : Alors, en route !

Après quelques minutes, l’Ambassadeur décida d’engager la conversation.

Antoine Bernardin : On mange bien, chez vous ? Quelles sont les spécialités du coin ?

En bon Mézène, Bernardin attachait une grande importance à la façon de se nourrir et en se retrouvant à Albanuova, il espérait avoir atterri dans un pays qui prenait au sérieux les plaisirs de la table.

#1706

La représentante du protocole eut un sourire. La question semblait manifestement lui paraître plus facile à traiter que les usages diplomatiques.

— Nous mangeons très bien, Monsieur l’Ambassadeur. Mais j’imagine que tous les pays prétendent cela à leurs visiteurs.

Elle jeta un regard vers lui depuis le siège avant.

— Ici, la cuisine dépend beaucoup de l’endroit où vous vous trouvez. Sur la côte, vous aurez évidemment beaucoup de poisson et de fruits de mer. À Pjedìmont, vous trouverez facilement du poisson grillé, des soupes de poissons, des coquillages, mais aussi tout ce que les bateaux ramènent le matin au port.

Le véhicule s’engageait à présent dans les rues de la capitale, prenant progressivement la direction du palais matriarcal.

— Dès que vous quittez la côte, cela devient plus rustique. Les plats sont plus consistants : viandes, fromages, pommes de terre, légumes, beaucoup de choses mijotées. Et chaque paisz vous expliquera naturellement que sa façon de les préparer est la seule qui mérite d’être retenue.

Elle laissa échapper un petit rire.

— Nous avons surtout une cuisine assez simple. On aime savoir ce qu’il y a dans l’assiette et d’où cela vient. Le poisson du port, les légumes des environs, les fromages des hauteurs… Nous ne sommes pas très portés sur les assiettes où l’on cherche les aliments pendant cinq minutes.

Elle se retourna légèrement vers Antoine Bernardin.

— Si les plaisirs de la table comptent pour vous, je pense que votre séjour devrait plutôt bien se passer. Et vous aurez tout le temps de vous faire une opinion : maintenant que Mézénas dispose d’un ambassadeur à Pjedìmont, j’imagine que vous ne repartirez pas demain.

La voiture poursuivit sa route vers le palais matriarcal. La discussion se poursuivit pendant le trajet, avant que le véhicule ne franchisse les grilles de la résidence officielle.

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